Lettre ouverte aux élus du Havre Seine Métropole

A Monsieur Édouard PHILIPPE, maire du Havre et président de Le Havre Seine Métropole,

A Monsieur Alain BAZILLE, vice-président du Conseil départemental en charge des infrastructures, transports, ports et routes,

A Madame Florence THIBAUDEAU-RAINOT, vice-présidente du Conseil départemental en charge de l’arrondissement du Havre,

A Monsieur Jean-Baptiste GASTINNE, premier adjoint du maire du Havre en charge de l’environnement,

A Monsieur Pascal LEPETTRE, vice-président communautaire en charge de la Mobilité

A Monsieur Augustin BŒUF, conseiller délégué aux modes doux,

A Mesdames et Messieurs les élus des 54 communes de Le Havre Seine Métropole,


Nous, acteurs de La Roue Libre, président et membres du Conseil d’administration, salariés et bénévoles demandons aux élus de notre territoire et à leurs équipes d’honorer leurs engagements en faveur des modes de déplacements doux, de l’intermodalité et de l’économie circulaire.

Depuis le premier Plan vélo de 2015, Le Havre Seine Métropole et ses communes accueillent de plus en plus de cyclistes réguliers ou temporaires sans oublier un flux croissant de cyclotouristes. Malgré le développement croissant des aménagements, notre territoire accuse toujours un certain retard face à Grenoble, Nantes, Strasbourg, Lille… Il doit donc continuer à s’inspirer des expériences fructueuses menées ailleurs pour imaginer des aménagements et services futurs à la hauteur de ses enjeux propres.

Lors de la campagne municipale hier et plus récemment le 15 juillet dernier, nos deux premiers ministres se sont engagés tour à tour au local comme au national pour un Plan vélo « très ambitieux » que bien sûr nous appelons de nos vœux.

Le 10 mars 2020, Monsieur Édouard Philippe, vous nous avez répondu avec votre équipe par écrit de manière sérieuse et argumentée à nos 52 propositions. Ces dernières ont été présentées à la faveur des Cafés Mobilités et nous avions écouté aussi les propositions des représentants des 10 autres listes en lice pour les élections municipales le samedi 29 février.

Comme plusieurs candidats, vous avez souhaité vous engager noir sur blanc dans un Plan Vélo conséquent et ambitieux dans la logique de la Loi LAURE et la loi LOM. Nous vous rappelons ici, en vous citant, les engagements les plus cruciaux :

  • La « création de 100 km supplémentaires d’aménagements structurants, en majorité en site propre, et 165 km supplémentaires d’itinéraires secondaires, soit une multiplication par près de 2,5 du nombre de kilomètres de voies cyclables »
  • Consacrer « entre 18,3 et 22 euros par an et par habitant (contre 9 euros en 2015) » : soit pour 275 000 habitants des 54 communes, 6 millions d’euros par an pour autant d’aménagements et de service dédiés à tous.
  • Un élu « référent vélo désigné pour porter cette politique publique », qui « travaillera en pleine transversalité avec les élus de la ville et de la Communauté Urbaine ».
  • Vous appeliez de vos vœux l’implication des associations « dès en amont des décisions dans la conception et la définition des tracés des voies cyclables ».
  • Vous nous invitiez à plusieurs reprises à travailler aux côtés des forces de polices municipales, et des autres associations pour mener des actions de préventions, des actions éducatives auprès des scolaires ; mais aussi des concertations avec habitants, parents d’élèves, directions d’établissements scolaires.

Si nous sommes rassurés d’avoir reçu autant d’engagements précis et concrets, nous avons hâte qu’ils se traduisent en actes et de coopérer à ces évolutions nécessaires. Cette impatience n’est pas une exigence de notre part. Elle s’explique par un contexte complexe, pour notre territoire et ses habitants, mêlant les risques liés à la pandémie, au réchauffement climatique et à la crise économique collatérale qui menacent emplois et mobilités.

Dans ce contexte, plus que jamais, les promesses engagent ceux qui les font. Mais avec les crises liées au COVID-19 et aux bouleversements engendrés dans les modes de déplacement, le Plan Vélo à venir ne peut être pensé et réfléchi avec les repères et les moyens du passé. Les engagements des ministres de la Transition Ecologique semblent confirmer cette prise de conscience et les investissements qu’ils impliquent.

C’est la raison pour laquelle nous avons travaillé dès le confinement et proposé à vos équipes très tôt des aménagements temporaires possibles : vous en avez retenu certains, déclinés pour le moment d’autres. Nous espérerons que cette coopération s’officialise et se concrétise par des réunions de travail et de concertations réguliers ; que ce soit pour des propositions d’aménagements nouveaux, pour des améliorations et des pérennisations d’aménagements temporaires et anciens.

Nous avons pris connaissance de la nomination au sein du Conseil communautaire de M. Leprettre et de M. Bœuf et nous serons heureux de les rencontrer prochainement. Nous sommes rassurés de constater que le travail en amont du service voirie de la Communauté Urbaine avec les acteurs de notre association a débuté : nos Ateliers Mobilités reprenant en septembre, les propositions collectives et les échanges vont pouvoir se poursuivre de manière constructive. Nous espérons étendre ces concertations et nos propositions aux services départementaux concernés, et aux équipes municipales qui le souhaiterons. Ce travail a déjà débuté avec les élus du Havre, d’Harfleur et de Gonfreville-L’Orcher et bientôt de Montivilliers. Mais nous ne sommes qu’aux prémices de ces collaborations, il reste beaucoup à faire sur les voiries cyclables des communes comme du département.


En effet, cette dynamique concerne Le Havre et les communes où le nombre de cyclistes croissants exigent la mise en place d’aménagements et de services dédiés, que ce soit pour la circulation et le stationnement à vélo ou pour l’accueil des cyclotouristes en toute sécurité.

L’explosion de la pratique du vélo sur notre agglomération et les communes péri-urbaines montrent bien que nous sommes au-delà de l’effet de modes et que nous dépassons les étiquettes réductrices et fausses du « vélo-bobo » ou de la bicyclette « des pauvres » ou du « cyclotouriste retraité ». Le vélo, la marche et l’intermodalité sont devenus incontournables au quotidien, comme sur les week-ends et les séjours touristiques. Comment nos communes et leurs élus vont-elles sur notre territoire répondre à ces enjeux ? Tous les engagements seront-ils tenus ?

De notre côté, nous tentons d’y répondre en nous engageant auprès des habitants de manières multiples avec un objectif clair : favoriser l’autonomie des cyclistes dans leurs déplacements comme dans leurs réparations à tous les âges. C’est ainsi que nous nous engageons :

  • dans les Coups de Pouce Vélo Réparation et Remise en selle avec les adultes de tous âges,
  • dans la mise en place du Savoir Rouler à Vélo pour les jeunes de 6 à 11 ans,
  • dans les formations à la mobilité auprès des employés des entreprises et des établissements publics, mais aussi des nouveaux usagers du vélo,
  • dans les Cafés Mobilités et des Ateliers mobilités sur des propositions localisées précises avec adhérents et sympathisants connaisseurs de leurs territoires,
  • dans l’organisation d’un challenge Cyclo Boulot,
  • dans des ateliers mobiles sur les Campus auprès des étudiant.e.s des pôles universitaires et Ecoles supérieures de l'agglomération,
  • dans l’accueil des adhérents cyclotouristes des associations FUB et Heureux Cyclages durant les vacances,
  • et dans toutes autres manifestations ou projets que les équipes municipales souhaiteront mener auprès de leurs populations.

Nous militerons ainsi dès janvier 2021 pour la création d’une Agence des Mobilités Actives à laquelle nous souhaitons œuvrer avec les partenaires du territoire : la place du vélo doit se penser en intermodalité.

Nous continuerons à œuvrer pour le programme ALVÉOLE dans le cadre des écoles et bâtiments publics de l’agglomération. Si vous y avez fait appel pour l’école Maridor, La Roue Libre est prête à y mener une formation prise en charge à 100% par le programme.

En effet, un territoire réellement cyclable, c’est un territoire où quel que soit l’âge, tous les cyclistes peuvent se déplacer au quotidien, y compris les enfants pour se rendre à l’école. Nous sommes persuadés que la mobilité à vélo des enfants comme de leur famille sur les communes de Le Havre Seine Métropole doit devenir un axe fort et un levier puissant du prochain Plan Vélo, et nous sommes déterminés à vous y aider.


Sincères salutations cyclistes

La Roue Libre